VAE : Obtenir un diplôme grâce aux compétences acquises sur le terrain ? Séduisant mais complexe.

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Besoin de reconnaissance, recherche d’emploi, sécurisation de son parcours, mobilité professionnelle, accession à des concours de la fonction publique…
Les motivations des candidats sont variées.

L’idée a tout pour plaire : permettre à chacun de faire reconnaître les compétences acquises lors de son parcours professionnel, extra professionnel ou indépendant, et obtenir ainsi tout ou partie d’un diplôme ou d’une certification … c’est la logique de la validation des acquis de l’expérience (VAE), lancée en 2002, et qui permet à ceux qui le souhaitent, de décrocher, un BAC Pro, une licence Pro, un master, voire un doctorat.
Quant au coût (très variable : entre 800 et 2000 euros), il peut être financé par l’entreprise, par un organisme paritaire agréé (OPCO) ou encore par le compte personnel de formation (CPF).

Vient ensuite l’étape administrative : la recevabilité… une simple formalité pour la plupart….une grosse difficulté pour ceux qui ne maitrisent pas bien l’écrit ou qui sont éloignés de l’emploi depuis un moment et ont perdu confiance en eux… Il s’agit en effet de rechercher les preuves, diplômes ou formations effectuées tout au long de sa vie, les regrouper dans un petit document : le livret 1 que l’on présentera au conseiller VAE du ministère valideur qui vous délivrera parfois  immédiatement, parfois au bout de plusieurs semaines, le sacrosaint passeport : la recevabilité !
Ouf ! Muni de ce sésame, le candidat peut maintenant entrer dans le vif du sujet…. pour aborder la partie la plus complexe du parcours : élaborer le mémoire de ses acquis professionnel, le livret 2 !

Il s’agit de faire le point sur les expériences les plus significatives de son parcours, de choisir les activités marquantes, pertinentes, celles dont le candidat est fier, celles qui vont mettre en avant ses compétences acquises sur le terrain…. Faire le point… un point c’est tout ? Non, ce n’est que le début de l’aventure … vient ensuite la mise en mots… Il s’agit bien de raconter une histoire, la sienne… mais de la raconter avec force détails…il s’agit de rendre son récit vivant, de ne pas oublier d’expliquer comment on a mis en place tel ou tel projet … pour quelle raison… a-t-on été force de proposition ? a-t-on répondu à une commande ? Qu’est e
que cela nous a apporté ? Il s’agit bien d’une analyse réflexive… et oui ! C’est là que les choses se compliquent …. Le candidat sait qu’il sait…. mais comment raconter dans les détails à un jury expert ? Puisqu’il est expert, on ne va donc pas lui expliquer ce qu’il sait… et bien non !!!
Justement, il faut lui montrer que l’on sait aussi… on fait partie du genre professionnel de ceux qui ont le diplôme…. il s’agit non seulement d’être reconnu par ses pairs mais encore de montrer sa singularité au jury ! Voilà le tour de force ! Sans oublier les détails…. sans jamais perdre de vue que l’on écrit pour être lu… lu par le jury ! Et qu’avant d’être entendu par lui on aura été lu par lui ! Et voilà bien toute la complexité de la situation de communication qui se joue lors d’un oral VAE !…. il s’agit donc de rédiger un petit mémoire qui expose en détail tout ce que l’on a fait de pertinent en lien avec le référentiel de la certification demandée… ce
serait un peu comme un scénario de film… le lecteur doit vous voir en train de faire l’action… lire le scénario pour avoir envie de voir le film !!! et le jour J, il s’agit bien de présenter le film à un public de connaisseurs

Revenons au livret 2 : pour certains, c’est plus facile que pour d’autres… Il faut parfois remonter très loin dans son parcours, solliciter sa mémoire… cela fait remonter des expériences parfois douloureuses… et c’est parfois une démarche un peu schizophrénique :
on se raconte, on parle à la 1 ère personne, on se parle à soi-même pendant 6 à 12 mois, tout le temps que dure la VAE !

En général, grâce au CPF (compte personnel de formation), ou aux fonds propres de l’employeur, le candidat bénéficie d’un accompagnement qui lui apportera une aide méthodologique pour décliner son parcours et préparer son entretien devant le jury. Cet accompagnement, de 24 heures maximum s’échelonnera dans le temps à raison de plusieurs séances de 2 ou 3H… entre les séances, il faut digérer, la mémoire appelle la mémoire… on se souvient…. on raconte, on verbalise…. et puis on écrit, on décrit, on analyse… on fait des liens avec le référentiel, on emploie les mots du jargon professionnel de la certification visée….
Enfin, le moment tant redouté arrive ! Le candidat se présente devant le fameux jury, composé notamment du responsable du diplôme et de professionnels. Il présente d’abord son parcours, ses spécificités, ses valeurs… sa motivation pour le diplôme ou certification choisie… Et puis c’est le temps de l’échange questions réponse avec le jury, la partie très interactive…ou pas !!! Outre les compétences attendues par le jury pour le diplôme choisi, il est question aussi de bien gérer le temps, le stress…
Plus tard, viendra le verdict… 3 possibilités : la VAE totale…. youpi ! la VAE partielle (c’est bien mais il y des modules à revalider sous forme de formation ou de stage et on reviendra l’année suivante devant le jury)… et la dernière possibilité… la validation nulle… ce n’est pas le candidat qui est nul … mais cela est souvent douloureux pour le candidat qui a mis beaucoup de temps, d’énergie et d’espoir dans ce dispositif complexe mais fascinant qu’est la VAE.